3 heures du matin sur une route du languedoc, personne, nuit claire, étoiles comme s'il en pleuvait, justement 2 sont tombées, elles se sont décrochées toutes seules et ont filées comme l'éclair, du côté de la grande ours qui n'en demandait pas tant, pas l'habitude de se voir atteindre par des fragments de lumières qui vont vite comme des flèches, c'est la première fois que j'arrive à toucher la vitesse de la lumière du bout de l'oeil, un trait, bon d'accord il doit y avoir un truc mais de voir dans l'instant se tracer une ligne de lumière éphémère au coeur de la nuit a un je ne sais quoi de rassurant, ainsi, dans le fin fond des tenèbres, les rayons s'entrainent à voler, sauf que ça ressemble furieusement à la ligne d'une balle traçante dans un ciel de guerre, ligne qui montre la cible au regard des attaquants, ligne qui n'existe qu'à travers une pupille, ligne que je supporte sans pouvoir l'effacer, elle qui déjà n'existe plus depuis longtemps mais qui a laissé un sillage, mes lignes d'étoiles filantes étaient peut être les prémisses d'une guerre des étoiles, plus surement le présage d'une sale guerre bien terrestre, une sale guerre comme on en voit tous les jours, merde, les traits de lumières sont beaux comme des filons d'or en ciel, dangereux comme des traits d'or perforants, dans la nuit les pensées sont grises